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Collectionner les masques à gaz

vendredi 10 octobre 2014, par Jean-Jacques BUIGNE président de la FPVA


Depuis la parution de cet article, les masques à gaz antérieurs à 1946 et même 1965 sont autorisés comme tout le matériel militaire (loi n°2012-304 du 6 mars 2012 et arrêté du 27 octobre 2014 fixant la liste des matériels de guerre postérieurs au 1er janvier 1946 éligibles à la collection
Voir article.

Les masques à gaz sont interdits depuis 1934 et nombre de collectionneurs en ont fait les frais. Aujourd’hui, la nouvelle règlementation permet la collection des modèles anciens !


Pourquoi cette interdiction ?

Le principe du masque "anti-gaz" a été inventé en 1799 pour protéger les mineurs des poussières. Avant la Première Guerre Mondiale ce n’est qu’un appareil élémentaire comportant un simple morceau de coton, d’éponges mouillées et deux tuyaux pour récolter l’air près du sol. Cette nouvelle protection devenait indispensable après la bataille d’Ypres et l’utilisation d’une arme nouvelle, le gaz de combat sous forme de chlore gazeux. L’emploi de multiples formes de gaz de combat a tellement marqué les esprits que, pris de panique, la population française s’est équipée de masques à gaz dans les années 1920-1939 en vue de résister à une éventuelle prochaine guerre ou des gaz de combat seraient utilisés.

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Masque allemand utilisé par la défense passive de la Luftchutz.

Les fabricants ont alors produit des quantités de modèles plus ou moins efficaces et qui donnaient l’illusion d’une protection contre des substances de plus en plus complexes et dangereuses. Pour l’Etat, il fallait éviter que des matériels de mauvaise qualité se retrouvent sur le marché.

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Les collectionneurs ont été longtemps méfiants sur la collection de masque à gaz, c’était une source potentielle de problème. Aujourd’hui les « antiquités » d’avant 1946 sont libres.

Tout naturellement le décret de 1939 [1] a classé les masques à gaz en 3ème catégorie, afin d’en surveiller les fabricants et de contrôler la qualité de fabrication. Si c’est dans une intention louable que ce classement a été fait, les services répressifs ont poursuivi durant des années et ordonné la destruction de ces matériels.

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Masque à gaz SGE 400/3 de ME.ST.EL. Un look très design pour une protection de qualité OTAN. On trouve également dans le commerce, des masques et des habits de protection pour l’industrie avec cartouches filtrantes aussi efficaces, sinon plus, que ceux en dotation dans les unités OTAN. Difficile de faire la différence, d’autant plus que la norme Otan (A2B2E2K2P3) est exactement la même que pour le matériel civil.

Le décret de 1995 a gardé ce classement avec en mémoire l’utilisation qu’en ont faite les étudiants de mai 68. Il ne fallait pas que cela se reproduise.

Avec la LSI [2] il y a eu la possibilité d’obtenir une autorisation pour un musée, mais encore récemment une note du Ministère de l’Intérieur [3] confirmait : « seules peuvent les détenir les personnes morales de droit public ou de droit privé, à l’exclusion des personnes physiques. »

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Il s’agit du modèle 1938 que l’on trouve couramment en France
Saisi par les douanes

En juin 2009, un collectionneur achète aux USA un masque à gaz dans sa boite d’origine. A l’aéroport de Périgueux les services douaniers le saisissent pour destruction et transigent avec le destinataire pour une amende. Suite à la question d’un député [4] le Ministre du budget affirme que le masque sera remis au Ministère de la Défense pour un musée. Un musée régional l’a réclamé sans réponse. Il se chuchote dans la région que le masque à gaz trône au milieu d’un bureau administratif ! L’UFA vient de relancer « le bouchon » pour avoir enfin satisfaction.

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Masque à gaz primitif conservé au Musée de l’Infanterie de Montpellier.

Des collectionneurs heureux

La nouvelle loi [5] classe les masques à gaz dans la catégorie A2, c’est à dire le matériel de guerre et armes interdits à l’acquisition et à la détention.
Heureusement que, sous l’action de la FPVA et de l’UFA, le législateur a déclassé les matériels antérieurs à 1946) [6]. Ainsi les « Matériels de guerre antérieurs au 1er janvier 1946… » sont classés en D2° § k) du décret. L’achat et la détention en reste totalement libres. Attention ! Le transport peut poser des problèmes comme toute la catégorie D2 : armes avant 1900, armes neutralisées, répliques etc… Mais nous reviendrons sur ce sujet lors d’un autre article.
Il faut donc limiter sa collection aux vieux masques, les masques postérieurs à la 2ème GM restent interdits (étendus à 1965 par l’arrêté du 27 octobre 2014 fixant la liste des matériels de guerre postérieurs au 1er janvier 1946 éligibles à la collection).
Et comme le disait récemment un haut fonctionnaire à propos des collectionneurs et de leurs armes : « il est impensable de risquer des ennuis pour quelques bouts de ferrailles ».

Clin d’oeil

En suisse, l’abri en sous-sol et l’équipement NBC sont obligatoires pour tout citoyen. Ainsi le suisse peut se protéger :
• D’un accident nucléaire (dysfonctionnement dans une des centrales maillant le territoire, cf. Tchernobyl) ou chimique (incendie d’une usine),
• D’une attaque "terroriste",
• D’un incendie de grande ampleur,
• D’une éruption volcanique (nuées ardentes),
• D’une guerre nucléaire. Il faut se souvenir que l’agenda du Pentagone a classé désormais l’arme nucléaire comme "tactique" et donc utilisable dans le cadre d’un conflit conventionnel, et cherche à se positionner au plus près des frontières russes - Ukraine, etc. - pour rompre l’équilibre de la dissuasion nucléaire.






[1Une première proposition de loi avait été déposée par le député Victor Schleiter en 1934,

[2Loi pour la Sécurité Intérieure n° 2003-239 du 18 mars 2003,

[3Circulaire de la DLPAJ NOR/INT/D/06/00025/C,

[4Question n° 55592 du 21/07/2009 de Franck Marlin

[5Art 1 de la loi n° 2012-304 du 6 mars 2012,

[6Art L311-3 §5 du code de la Sécurité Intérieure, repris par le décret du 30 juillet 2013 en classement D2° § k).

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